Sylvain et Benoit les deux fondateurs de Baqio

Nous avons cuisiné (au vin rouge évidemment) les fondateurs…

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Le but de cette interview est de permettre aux nombreux fans de Sylvain (ici à gauche) et Benoît (à droite) de connaître les hommes derrière le logiciel !

Je vous garantis : on sent qu’ils bossent ensemble depuis longtemps et qu’ils aiment ça : ils se sont bien marrés tout en me répondant.

(Avant de débuter la lecture, sachez que tout ce qui est en italique est un ajout de la rédactrice.)

Benoît, Sylvain, pour débuter pouvez-vous nous rappeler le principe de Baqio ?

Sylvain : Baqio est un logiciel de gestion commerciale pour les vignerons avec la particularité d’être le premier en mode web.

C’est à dire accessible depuis un navigateur, cela permet à nos clients d’y accéder depuis n’importe quel endroit : que ce soit au caveau, au chai, mais aussi en déplacement, en export, et en salon.

Également, nous avons voulu un logiciel qui soit ouvert et qui puisse communiquer avec d’autres logiciels pour automatiser les interactions entre les différents acteurs qui travaillent avec le vigneron.

Pour repartir de la genèse, que faisiez-vous avant de fonder Baqio ?

Benoit : Nous nous sommes rencontrés en 2005 pour le master 2 que l’on a fait ensemble, à Grenoble. Nous avons tous les deux fait des études en sécurité informatique.

Nous avons ensuite intégré des postes de consultants en sécurité informatique pour des sociétés de services à Paris. On bossait plutôt pour des grands groupes.

Malgré le fait que nous bossions pour des boîtes différentes, on s’est retrouvé au bout de 2 ans, dans la même mission chez Total, à la défense en 2008. On travaillait dans des équipes différentes mais ensemble, mais cela ne nous passionnait pas plus que ça et en parallèle nous avions l’envie d’entreprendre. On a donc cherché des idées ensemble pour monter une boite.

On a fini par en trouver une : en 2009 on a commencé sur un premier projet qui s’appelait Allostudio, Une plateforme de réservation des studios de répétition et d’enregistrement pour les groupes de musique. J’avais un groupe avec des potes, et on galérait souvent pour réserver. On s’est dit qu’il manquait une plateforme et donc on l’a montée à 3 avec un troisième associé, un ami également puisqu’il faisait partie du groupe de musique, mais avec un profil plus commercial.

Rapidement, on s’est rendu compte que cela ne marcherait pas, on est parti la fleur au fusil, sans trop étudier le marché et on a découvert qu’il n’y avait pas de potentiel pour ce projet.

Basé sur l’expérience acquise et notre réseau, nous avons en 2010 pivoté pour devenir une société de développement d’applications web : iMenlo. On développait sur mesure pour nos clients. C’est à ce moment là que Stéphane, le troisième associé à quitté le projet.

Tout d’abord, pendant 2 ans, Sylvain était seul à travailler à temps plein sur le projet, puis je l’ai rejoint. Nous avons donc eu pendant 5 ans, une société de développement web, avec tout type de clients : de la startup au grand groupe.

Comment vous est venue l’idée de créer Baqio ? Et comment le projet s’est-il mis en place ?

Benoit : C’est via cette société là et un de nos clients que l’on a mis un premier pied dans l’univers du vin, via la porte commerciale.

Le client était une agence commerciale spécialisée dans le secteur du vin, il s’agissait d’un regroupement d’agents indépendants. Nous avons refait l’ERP interne de l’agence pour équiper les agents sur le terrain de tablettes et pour faciliter le travail de l’agence au quotidien. Suite à ça on a refait le logiciel interne de l’entrepôt logistique avec lequel ils étaient partenaires. Nous avons également relié les deux applications pour que les agents aient en temps réel le stock, pour qu’ils puissent envoyer des demandes de livraisons…

Comme nous sommes vraiment dans l’optimisation des process, on s’est rapidement dit, il manque une troisième brique pour être complet : il faut relier tout ça au domaine viticole. Nous avons essayé de le faire, mais en étudiant les solutions existantes qui équipaient les domaines, on s’est rendu compte que ce n’était pas possible. Il s’agissait de logiciels fermés, installés sur les ordinateurs directement et donc lourds…

A ce moment là, c’est le début de l’idée d’une application web qui soit communicante. Pour justement permettre deux choses :
1. d’avoir une gestion commerciale sur le web et avoir accès à l’outil partout et
2. penser à une solution communicante pour interagir avec les acteurs du secteur. A l’époque nous avions identifié deux acteurs qui étaient les entrepôts logistiques et les agences commerciales, mais l’idée c’est que ce soit ouvert à n’importe quel acteur du secteur.

L’idée est venue de la fin 2013. On a étudié un peu tout ça et on a lancé les développements fin 2014. C’est devenu Baqio un peu après, et nous sommes tous les deux à 100% sur ce projet depuis 2017.

Quelle est la première fonctionnalité à avoir vu le jour ?

Sylvain : Le login ! (ils rient) faire en sorte que les clients puissent se connecter à l’application et à leur compte.

Benoit : Pour accéder à rien mais ils pouvaient se connecter. (ils rien à nouveau)

Sylvain : Blague à part, la première chose sur laquelle j’ai vraiment travaillé pour Baqio, ce n’est pas tant les fonctionnalités, mais plutôt l’ergonomie. J’ai passé beaucoup de temps à regarder comment faire un logiciel qui soit simple à utiliser. Et pour ça au lieu de partir de ce que faisaient les solutions existantes et d’avoir un côté classique d’erp ; j’ai plutôt regardé ce qui était fait du côté des back office de sites e-commerce, pour voir l’ergonomie qui était utilisée. Vu que l’on partait sur un logiciel web, nous avons adopté les codes et l’ergonomie du web avec des choses faciles à utiliser. Notamment le fait que dès le début le design du site a été travaillé pour permettre un accès et une utilisation sur ordinateur et sur mobile ! Ça je l’ai fait avant de créer des fonctionnalités.

Quel a été l’accueil réservé par les premiers vignerons que vous avez approché ?

Benoit : La première présentation publique du concept et de l’application a eu lieu en novembre 2016 au Vinocamp de Marseille. Durant ce salon nous avons pitché pendant quelques minutes pour présenter notre idée et le concept Baqio.
L’accueil des viticulteurs a été très bon, mais celui des sociétés qui potentiellement pourraient se connecter à l’appli aussi ! Après la présentation, quelques domaines sont venus nous voir pour en savoir plus car le côté moderne et mobile les intéressait.

Sylvain : je me souviens, on a fait le retour de Marseille en TGV. Nous avons passé le trajet au wagon bar avec un vigneron, à discuter des problèmes qu’il rencontrait avec son logiciel actuel, et de ce qu’il rêverait d’avoir comme fonctionnalités. Il croyait vraiment au projet Baqio.

Benoit : D’ailleurs au wagon bar on a aussi croisé la chanteuse Joyce Jonathan.
Sylvain : Du coup elle est marraine de Baqio ! (ils rient) Non ce n’est pas vrai. Joyce Si tu nous lis !! 😉

Ça vous a fait quoi le premier pitch ?

Sylvain : Ce qui nous a agréablement étonné, c’est de sentir que le concept répondait à un vrai besoin client. Nous avons toujours eu beaucoup de projets dans notre précédente société. On a eu plusieurs concepts de logiciels, que l’on a souvent pitché, et qui souvent tombaient à côté. Soit il n’y avait pas de marché soit les interlocuteurs n’étaient pas réceptifs.
Ce qui nous a frappés ici, c’est que l’on a senti une vraie frustration et quand tu cherches pendant 5 ans, 6 ans un concept qui marche, cela fait vraiment plaisir de voir que l’intérêt est là.

Benoit : J’ai été plus rapidement confiant dans le concept et l’idée en tant que telle du fait de mes échanges avec les différents acteurs. En effet très tôt, dès 2014 j’ai eu l’occasion d’échanger avec certains vignerons qui travaillaient avec l’agence commerciale. A chaque fois que je parlais de notre idée, elle était toujours accueillie positivement, parce que l’application répondait à des vrais problèmes. Je n’ai jamais rencontré de détracteur, de personne pensant qu’il s’agissait d’une mauvaise idée, que cela ne fonctionnerait pas.

Bien sûr, il y a toujours quelques réticences, que nous avons entendues et adressées. Mais globalement, conceptuellement, l’idée et la vision de ce que nous voulions faire attirait l’intérêt des interlocuteurs.  
C’est certain qu’au premier pitch je n’en menais pas large car ce n’est pas un exercice que j’aime, mais je n’avais pas peur par rapport au concept !

Sylvain c’est vrai que j’étais plus frileux sur l’idée au départ… déjà car s’était la sienne. (ils rient)
Benoit : …et que d’habitude mes idées sont mauvaises (ils rient encore)
Sylvain : plus sérieusement, comme nous nous partagions les sujets, je n’étais pas sur ce projet client au quotidien. Je n’avais donc pas tous ces retours, et j’avais peur que l’on s’engage sur des développements longs et complexes pour un outil qui ne prend pas. Donc Marseille a été une vraie réassurance.

Comment définiriez-vous la philosophie de Baqio ?

Sylvain : Nous voulons faire un très bon produit. Nous venons tous les 2 de la technique : le produit c’est au cœur de nos préoccupations au quotidien. Nous cherchons à faire un produit qui fonctionne bien et qui réponde aux problématiques des clients.
Et le deuxième axe c’est le service client : on fait notre maximum pour que le client soit satisfait ! Que ce soit à travers le produit ou nos dans nos échanges.

Benoit : C’est ce qui nous guide : un outil technique nickel et performant. Sur toutes nos sociétés ou projets clients, nous avons toujours été dans cette dynamique de projet web pour simplifier le quotidien de nos clients.
Et le deuxième aspect qui est effectivement le côté client. C’est naturel pour nous d’être à l’écoute, d’être sympa : c’est ce que l’on demande à nos prestataires, donc c’est normal de se l’appliquer. De plus au quotidien, c’est beaucoup plus agréable et gratifiant de travailler avec des personnes qui apprécient la solution.

Il y a désormais une équipe avec vous, pouvez-vous nous en dire plus ?

Sylvain : Effectivement, jusqu’en septembre 2019 le projet Baqio était porté par Benoît et moi, ce qui signifie que les développements produits, le design, le marketing, la vente, le service client… tout était géré par nous deux. Et dès le début nous avons décidé de séparer Les rôles : Benoit la partie commerciale et moi la partie technique.

Après quelque temps, nous nous sommes rendu compte que tout gérer à deux devenait compliqué. Nous avons souhaité avoir une équipe pour nous aider et nous épauler au quotidien. Et notamment un point très important pour avoir un interlocuteur dédié au support client à plein temps.

Benoit. Dès le début du projet, nous savions pertinemment qu’on allait devoir embaucher rapidement pour accompagner la croissance. Nous avions pas mal d’ambition : on ne voulait pas seulement faire un petit projet sympa dans notre coin, on veut devenir leader du marché. Donc nous savions très bien que cela nécessiterait des embauches et une constitution d’équipes dédiées à chaque poste. Effectivement là nous étions arrivés à un cap, la croissance du nombre de clients faisant que ce n’était plus gérable à 2.

Le premier recrutement que nous avons fait est pour le poste de spécialiste assistance client : un poste stratégique pour nous, puisque comme on l’a dit précédemment, le support client c’est important. Très important mais aussi chronophage, donc première ouverture de poste stratégique aussi pour nous décharger de cette mission et être plus focus sur la technique et le commercial. C’est comme ça qu’Agathe nous à rejoint.

Pendant le processus de recrutement on a aussi eu une belle opportunité via la candidature de Marina. Et même si ce n’était pas prévu à l’origine d’avoir 2 personnes aussi vite : on a décidé de la recruter pour la mission commerciale.

Sylvain : Et enfin nous avons rencontré Manon, un bon profil sur la partie marketing et communication. Là malheureusement un troisième recrutement ne rentrait pas dans les budgets. Comme on souhaitait collaborer avec elle malgré tout, elle nous accompagne en freelance à temps partiel.

Benoit : Globalement, le fait que la société se construise avec tout le monde en remote nous a permis d’avoir des candidatures des 4 coins de France. Et par conséquent : beaucoup de candidatures et BEAUCOUP de candidatures de qualité. (il a insisté sur la qualité des candidatures 😉

Vous parlez de « remote » qui est le terme anglais pour « télétravail » pouvez vous nous en dire plus sur l’organisation de la société ?

Sylvain : Au tout début lorsque l’on bossait sur iMenlo nous avions un bureau tous les 2 à Paris. Puis on a souhaité s’éloigner de la région parisienne, Benoit plutôt dans le nord, en Picardie avec pas mal de déplacements en Champagne et moi je me suis installé en banlieue parisienne.

Donc nous avons lancé Baqio en télétravail. Nous travaillons ensemble mais pas physiquement au même endroit. Cela va bien avec la philosophie de Baqio : nous travaillons au quotidien avec nos clients qui sont partout en France.

Quand le projet est apparu d’embaucher des personnes, nous avons rapidement voulu suivre cette même vision et ne pas se restreindre à une zone géographique précise. C’est à dire recruter des gens partout en France peu importe là ou ils sont tant qu’ils ont une connexion internet !
Cela permet d’avoir un bassin de recrutement plus important. De fait on accueille aussi des personnes qui sont proches du quotidien de nos clients partout en région. Par exemple Agathe est dans le bordelais, Marina dans le Languedoc, Manon dans la Loire, Benoit à cheval avec la Champagne : à 5 nous couvrons une bonne partie du territoire français !

Si Baqio était un vin ?

(longue réflexion sur cette question, un gros débat, une scène de bagarre affreuse que je ne retranscrirais pas, puis finalement ils se mettent d’accord 😉

Sylvain : Un vin du Languedoc un peu à l’image des vignerons, car on y voit beaucoup de gens qui s’installent et qui se lancent et qui veulent innover dans le vin. Qui font des vins de qualité à prix abordable.

Benoit : Un vin sans appellation : pouvoir sortir des sentiers battus et prendre des risques pour faire un vin qui soit complètement en accord avec le producteur.

Quel est le meilleur défaut de l’autre ?

Sylvain : Benoit est perfectionniste ! Par exemple sur les clients, quand il a commencé le process de mettre en place des démos pour les prospects, j’avais fait un compte de démo standard. Mais il a voulu un compte pour chaque prospect.
Benoit voulait créer un compte de démo personnalisé pour montrer le logiciel : il a souhaité que l’on intègre les coordonnées, les cuvées, les tarifs pour chaque démo ! Je pensais que c’était trop, c’est finalement une idée forte.
(À lui-même) Merde si je le dis, nos concurrents vont nous piquer l’idée. (rires)

C’est une particularité et aujourd’hui une de nos forces en démonstration commerciale de pouvoir faire des présentations personnalisées. D’ailleurs c’est souvent plébiscité, les prospects aiment bien ça.

Benoit : Sylvain est têtu, c’est désagréable de prime abord mais d’un autre côté c’est aussi une qualité au quotidien pour l’application. Cela permet de ne pas se lancer n’importe comment, de bien prendre le temps de réfléchir, de bien peser le pour et le contre.
Moi j’aurais tendance à avancer trop vite. Sylvain quand il a une idée, il ne lâche pas et je sais qu’il ne lâchera pas, mais c’est un bien ! Potentiellement cela nous à évité de mettre en place des fonctionnalités qui se seraient retournées contre nous.

En vacances au soleil : vin ou cocktail ? (vous pouvez nous dire la vérité!)

Sylvain : Cocktail…. Ce qui n’empêche pas le cocktail au vin (corporate jusqu’au bout)

Benoît : Bière ! Parce que les cocktails au soleil, avec la soif, je les bois trop vite et c’est frustrant.

Le vin/spiritueux que vous aimeriez que l’on vous offre ?

Sylvain Des cadeaux ? Oh on n’est pas comme ça… bon si quand même : j’aimerais que l’on m’offre un Cheval Blanc, par curiosité, pour savoir quelle saveur a ce vin et savoir si je saurais réellement l’apprécier.

Benoit : Moi je serais plus parti sur un Dom Pérignon vintage millésime 1982 parce que c’est un très bon Champagne évidemment et parce que c’est mon année de naissance.

Question vue et revue, mais qui s’applique bien à notre domaine d’activité : Au dîner idéal, il y aurait qui et surtout on boirait quoi ?

Sylvain : Elon Musk et Steve Jobs et je les fais débattre. Et je leur fais découvrir les vins français, par exemple un bourgogne, un Chablis premier cru.

Benoit : Lemmy Kilmister & Stevie Ray Vaughan et je leur sers du Whisky Français.

Revenons à Baqio, quelle sera la prochaine fonctionnalité lancée ?

Le paiement à échéance « cardless ». C’est-à-dire, nous allons permettre à nos clients vignerons, de prélever à échéances les factures qu’ils émettent à leurs propres clients. Cela permet de ne pas avoir à courir derrière les paiements tout le temps.

Si l’on devait graver la devise de Baqio dans le marbre ? Attention, on revient dans 15 ans vérifier…

Customer first ! (les clients d’abord)

Dans 10 ans vous êtes où ?

Sylvain : Avec ma famille, toujours avec Baqio mais en ayant réalisé un de mes rêves : faire le tour de la corse en voilier habitable… Benoit si tu réponds que t’as tout vendu je vais râler je te préviens.

Benoit : C’est ça, dans 10 ans je suis rentier ! (Rires) Dans 10 ans, je vivrais toujours à peu près au même endroit, toujours sur Baqio évidemment, juste avec des enfants plus grands et moins de cheveux. J

Enfin, dernière question et pas des moindres… Qu’est-ce que l’on souhaite à Baqio ?

Benoit (qui répond en chantonnant): « tout le bonheur du monde »

Sylvain : de continuer à grandir vite et de voyager pour découvrir nos pays voisins dans le sud qui font aussi des bons vins et des bons spiritueux. Et pour ça… d’avoir une grande famille qui l’aide au quotidien.

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